Faire jouer un système de JDR qui n'a aucun outil

6 min de lecture

Jeu indépendant, traduction confidentielle, règles maison : quand aucune application ne connaît votre système, il reste trois options. Voici laquelle choisir selon ce que vos fiches calculent.

Il existe des centaines de jeux de rôle, et une dizaine ont des outils dédiés. Si vous faites jouer un jeu indépendant, une traduction que personne n'a outillée, un vieux jeu épuisé ou vos propres règles, vous connaissez le problème : toutes les applications du marché sont construites autour de systèmes qu'elles ont intégrés, et le vôtre n'en fait pas partie.

Il reste trois options. Elles ne se valent pas, et le critère de choix est plus simple qu'il n'y paraît.

Option 1 — Le document libre

Un traitement de texte, une fiche par personnage, tout à la main.

Ce que ça fait bien : n'importe quel système, immédiatement, sans rien apprendre. Pour un jeu narratif où la fiche tient en quelques traits, quelques aspects et deux jauges, c'est la bonne réponse — et ajouter un outil serait une complication gratuite.

Où ça casse : dès qu'un nombre dépend d'un autre. Le jour où la montée de niveau change trois valeurs, qui en changent deux autres, vous recalculez à la main. Et une erreur de recalcul est silencieuse : elle ne se voit qu'à la table, deux séances plus tard, quand un joueur trouve son score étrange.

Option 2 — Le tableur

Un onglet par personnage, des formules dans les cellules.

Ce que ça fait bien : ça calcule vraiment, et vous contrôlez tout. Beaucoup de tables tiennent ainsi depuis des années, et il n'y a aucune honte à cela.

Où ça casse, et c'est plus subtil qu'on ne le dit :

  • La maintenance. Vos formules sont recopiées dans chaque onglet. Une règle change, et vous les reprenez une par une — en oubliant celle du joueur qui n'était pas là la semaine dernière.
  • Les liens entre fiches. Un tableur calcule très bien à l'intérieur d'une ligne. Faire qu'une classe transmette un bonus à un personnage, ou qu'un objet équipé modifie une caractéristique, demande des références croisées entre onglets qui deviennent illisibles au troisième niveau.
  • Le partage. Donner à chaque joueur sa fiche en écriture et rien d'autre, sans qu'il voie les onglets des autres, est faisable mais fastidieux.
  • Le reste de la campagne. Un tableur ne tient ni journal, ni intrigues, ni personnages non joueurs. Vous revoilà avec six onglets.

Option 3 — Un outil sans système préintégré

C'est la catégorie qu'on ne pense pas à chercher, parce qu'on cherche « outil pour nom du jeu » et qu'on ne trouve rien.

Le principe est différent : au lieu de livrer les règles de systèmes connus, l'outil livre le moteur qui permet de décrire n'importe quel système. Vous définissez vos types de fiches, vos propriétés, vos formules et vos règles d'héritage ; les fiches se calculent ensuite toutes seules.

C'est ce que fait Loreward. Concrètement, pour un système maison :

  • vous créez les propriétés qui existent chez vous — pas celles d'un autre jeu qu'il faudrait détourner ;
  • vous écrivez vos formules une fois, et elles valent pour toutes les fiches du type, présentes et futures ;
  • une classe, une race, une voie ou un objet peut transmettre un bonus, et la fiche affiche d'où vient chaque valeur ;
  • vos joueurs ont un accès qui leur est propre, sur leur personnage uniquement ;
  • le journal, les quêtes et les personnages non joueurs vivent au même endroit.

Trois modèles prêts à l'emploi sont fournis — Chroniques Oubliées, D&D 5e, L'Appel de Cthulhu 7e — mais ce ne sont que des exemples de configuration : ils ne sont pas codés en dur, et vous pouvez partir d'une page blanche.

Comment choisir, en une question

Vos fiches contiennent-elles des nombres qui dépendent d'autres nombres ?

  • Non — restez au document libre. Un outil vous coûterait du temps sans rien vous rendre.
  • Oui, mais simples (un modificateur, deux totaux) — le tableur suffit, tant que vous acceptez d'en être le mainteneur.
  • Oui, et ils se propagent — une classe qui donne des bonus, un équipement qui en donne d'autres, des valeurs dérivées en cascade : c'est là qu'un moteur de formules change la nature du travail, au lieu de l'accélérer.

Essayez avant de migrer quoi que ce soit

Le plus court chemin n'est pas de lire une comparaison de plus : prenez la formule la plus pénible de votre système — celle que vous recalculez toujours à la main — et écrivez-la dans le testeur public. Sans compte, sans inscription. Si elle se calcule, vous savez que le reste suivra ; si elle ne se calcule pas, vous l'avez appris en trente secondes.

Et si vous décidez d'aller plus loin, l'export complet est disponible dès le premier jour : vous ne migrez pas vers une impasse.

À lire ensuite